Spiritu Homo Objicere

L’idée principale du projet était de mettre en relation deux visions distinctes d’un seul et même temps. Les relations physiques qu’un être vivant entretient avec son milieu, à travers l’espace et le temps. Et la vision du temps intérieur cet être représenté par un objet animé.

Le dispositif de présentation est fort simple. Il s’agit d’une installation vidéo comportant deux projections vidéographiques placés face à face à une distance d’environ trois mètres. Il y aura une mono bande sonorisée consacrée à un homme et l’autre, consacré à un objet et les deux défileront de façon synchronisées. Les sujets sont, de manières différentes, incapable d’agir de façon cohérente dans leurs environnements respectifs.

L’homme tente par des gestes quotidiens de s’inscrire dans la réalité, d’interagir normalement avec son environnement, mais visiblement, il demeure décalé dans ses actions par apport au temps. Lorsqu’il se retrouve l’extérieur, il est incapable de se synchroniser avec un moment précis dans le temps qui lui permettrait de pouvoir mener ses actions à bien. Par exemple, incapable d’agir précisément à l’ouverture des portes d’un métro, ses chances d’y pénétré resteront vaines. Pour lui, le milieu dans lequel il se trouve possède un temps malléable, son environnement peut se ralentir ou s’accélérer indépendamment du personnage.

Le décor agit, en quelque sorte, comme un autre personnage à part entière, profitant des pauses de l’homme –s’effectuant sur une pose clé- pour modifier le cours normal du temps. L’homme évolue à l’extérieur de chez lui, dans un monde en constante fluctuation temporelle, un paysage impermanent. La technique d’animation image par image renforçant l’isolement des gestes par apport au milieu, superposant plusieurs temporalités dans un même plan et permettant ce jeu entre pause et pose.

C’est seulement à l’intérieur des murs de son appartement qui semble être possible pour lui d’effectuer par l’entremise d’objets, quelques actions plus ou moins cohérentes. Les objets étant soumis à des modifications temporelles, mais aussi des modifications physiques, c’est-à-dire des changements de formes, de couleur et de finalité se produisant lors d’interactions avec le sujet.

Pour la vidéo de l’objet, celui-ci évoluera dans un univers plus onirique ayant ses propres règles. Assemblage sculptural constitué d’un bloc de plexiglas, de diverses pièces électroniques et de latex, l’objet est une représentation de la pensée de l’homme, un icône matérialisé sous forme solidifié, animé d’un souffle de vie. Il recherche l’énergie, le contact direct avec la matière. Il tente d’animer la poussière et de contrôler son propre milieu clos. Il ne se déplace jamais loin, mais son environnement change et s’adapte de scène en scène. Son seul lien avec une réalité cohérente se rapprochant de celle de l’homme passe par l’écran, une porte vers une seconde strate de conscience.

C’est grâce au numériseur et à l’écran que les deux se rencontrent, Dès la première scène, l’homme numérise son rêve. Ce songe archivé sous forme d’empreinte de main de l’homme apparaît à travers le poumon-écran et alimente l’objet durant son cycle de vie. Cette dernière scène culmine avec la mue de l’objet. Changeant de peau, il est maintenant prêt à recevoir un nouveau rêve et recommencer un nouveau un cycle.